drapiran.gif (43662 octets)                  Iraniens Célèbres

Constituée par toute production écrite en langue persane par des auteurs vivant en Iran ou dans les régions voisines où le persan est ou a été parlé, la littérature persane comprend aussi bien des ouvrages traitant d'histoire que de philosophie, de théologie, de spéculation mystique et même des écrits scientifiques. Très peu d'œuvres littéraires sont d'ailleurs dépourvues de références savantes, et la plupart des savants et des écrivains scientifiques étaient extrêmement soucieux de donner une valeur littéraire à leurs travaux. Rares sont les fragments littéraires préservés datant de l'époque préislamique et du début de l'époque islamique, c'est-à-dire correspondant à la période précédant les années 950 apr. J.-C.

Littérature classique 
La période classique, qui s'étend du Xe au XIVe siècle de l'ère chrétienne, succède à une longue suite de troubles politiques pendant lesquels s'est opérée la conversion des Iraniens à l'islam, conversion dont l'une des conséquences a été l'adoption de l'alphabet arabe et l'adaptation des thèmes de l'ancienne littérature pahlavi à la nouvelle religion. La renaissance intellectuelle se manifeste d'abord comme littérature de cour, mais elle ne tarde pas à se généraliser dans le rayonnement exaltant de la foi chiite et du soufisme iranien. Pendant cinq cents ans, tous les genres littéraires se sont épanouis, avec des œuvres qui demeurent la plus belle floraison dans le jardin singulièrement riche de la poésie persane.
La littérature persane est caractérisée par la place considérable qu'y tient la poésie: pendant longtemps, la langue persane n'a eu d'autre mot pour désigner la «littérature» que celui de «poésie».Pourtant, trois fascinants morceaux de prose de la période médiévale persane, longtemps négligés, ont été redécouverts. Le Siyâsatnâmeh («Traité de gouvernement») a été rédigé par Nizam al-Mulk (Nezâm ol-Molk), ministre puissant, assassiné en 1092. Le Qâbûsnâmeh («livre de Qâbûs»), célèbre miroir des princes, a été composé à l'intention de son fils par Key Kâvus ebn-e Eskandar, prince ziyaride mort vers 1100. Le Tchâhâr Maqâleh («quatre discours») de Nizami Arudi (Nezami Aruzi, XIIe siècle) est un livre de conseils, illustrés par des fables, destinés au poète, au fonctionnaire, au médecin et à l'astrologue. De même, il existe des recueils de contes populaires, dont certains sont semblables aux contes des Mille et Une Nuits.
 

Littérature moderne
La période qui s'étend de 1450 à la fin des années 1800 a été riche en innovations politiques, religieuses, architecturales et artistiques, mais en littérature, on assiste à une lente décadence que marque toutefois, au siècle passé, l'éclosion de la poésie dramatique, art essentiellement populaire et tirant son inspiration de l'histoire religieuse. Même si l'influence occidentale se fait sentir dans la diplomatie, le commerce et l'art de la guerre, la pensée, la société et la littérature demeurent inchangées jusque dans les années 1850. Contrairement au reste du Moyen Orient, l'Iran est pendant cette période quelque peu isolé géographiquement, et les intérêts intellectuels sont essentiellement limités à une élite aristocratique.
Après les années 1880, l'influence de l'Occident est plus visible, malgré la ferme opposition des partisans de la tradition. Avec l'émergence du journalisme, l'entrée de la politique dans la littérature, une préférence pour la prose et une simplification de la poésie — la versification est affranchie des anciens procédés —, les auteurs rompent avec l'emprise de la tradition, et deux genres tout à fait inconnus font leur apparition: le roman et le théâtre. Au moins jusqu'à la révolution islamique de l’ayatollah Khomeiny, la littérature persane ne sera pas fondamentalement différente des prototypes occidentaux, même si elle s'en distingue parfois par la présence d'un authentique matériau persan coulé, lui-même dans un moule occidental moderne.
 

Poésie
La période classique a vu naître plusieurs poètes illustres, dont le premier et le plus célèbre est le poète national surnommé Ferdowsi (940-1020), auteur de l'unique œuvre épique nationale, dont le titre, Chah Nameh, «le Livre des Rois», laisse entrevoir la nature colorée et merveilleuse. Le lyrisme s'est affirmé avec force dans les «Quatrains» (Roba'iyat) d'Omar Khayyâm (1040-1123), le seul poète oriental vraiment populaire en Occident. Nezami (1140-1203) est surtout connu pour ses Khamsé («les cinq poèmes»), formant un ensemble didactique et moral, et constitué d'épopées romanesques inspirées de thèmes populaires (légende d'Alexandre, idylle du célèbre couple tragique Khosrô et Chirine).Farid ed-Din Attar (v. 1150-v. 1220) est l'auteur de poèmes allégoriques et mystiques. Le soufisme lui a inspiré un magnifique poème intitulé Mantiqut Taïr («le colloque des oiseaux»). Dans cette œuvre riche en métaphores et en symboles, le thème central est le fanâ, l'anéantissement de l'âme individuelle en Dieu. Conteur brillant en prose comme en vers, Saadi (Sa’di, v. 1213-v. 1292) est un maître dans l'art de mettre l'esprit en mots, un artisan qui a réussi à passer de la forme de la longue qasida à la forme plus courte et plus lyrique du qazal. Outre de nombreux récits et essais, ses œuvres maîtresses sont le Bûstân et le Golestân, mélanges de prose et de poésie où s'expriment avec une extrême délicatesse une sagesse mesurée et pratique. Hafez (v. 1320-v.  1389) est la grande voix lyrique et personnelle de la poésie persane. Il est l'auteur lyrique le plus admiré dans son pays, le plus souvent imité dans le monde islamique, et qui inspirera rien moins que Goethe dans la littérature occidentale. Dernier des grands poètes de la période classique, Djami (1414-1492) a abordé la quasi-totalité des genres littéraires. Mystique et romantique, soufi convaincu, il est l'auteur d’un poème romanesque Youssef et Zolaykhâ.
Après 1450, la poésie persane entra dans une phase de déclin, qui se poursuivit jusqu’au milieu du XIXe siècle. Après les années 1880, l’influence de l’Occident devint plus visible dans le domaine littéraire, malgré la ferme opposition des partisans de la tradition. Considéré comme le fondateur de la poésie persane contemporaine, Nimâ Yuchidj (1897-1960) est l’initiateur d’un style très personnel (le poète dit « je » et parle de sa propre souffrance). Il trouve aussi son inspiration dans le folklore, notamment les traditions culturelles des montagnes du nord de l’Iran. C’est aussi dans la forme que Nimâ innove, en rompant avec les règles classiques de la versification, comme en témoigne son grand poème Afsâne (« Légende »), qui date de 1921. Parvine Etesâmi (1906-1941), l’une des rares poétesses persanes, produisit des poèmes d’inspiration religieuse. Morte à 35 ans, elle repose à Qom sans mausolée. Une autre femme, Forough Farrokhzad (1935-1967), est une des plus belles voix de la poésie iranienne. Sa vie comme son œuvre l’ont rendue célèbre car elle s’exprimait en tant que femme avec le courage que cela implique. Vous pouvez découvrir l’un de ses recueils, Saison froide, traduit en français.
 

Romans
A l’orée du XXe siècle, avec l’émergence du journalisme, l’entrée de la politique dans la littérature, une préférence pour la prose et une simplification de la poésie, le roman, un genre méconnu jusqu’alors, fait son apparition. D’une façon générale, les Iraniens marquent une prédilection pour la nouvelle et les textes courts.
Sâdeq Hedayat, l’écrivain iranien du XXe, est le plus connu à l’étranger. Né à Téhéran en 1903, il se suicida en 1951, lors d’un séjour à Paris. Ses écrits laissent transparaître son pessimisme et sa vision d’un monde absurde. Chez les femmes, Simine Danechvar traite, dans Suvachun, de la vie en Iran durant l’entre-deux-guerres. Son mari, Djalâl Al-e Ahmed, sociologue et écrivain, s’attacha à peindre les sentiments de l’individu et sa place dans la société. Certaines de ses œuvres ont été publiées en anglais (dont The School Principal et The Pen).
 

Philosophie

Dans la période pré-islamique en Iran, la philosophie n'a pas été complètement séparée de la religion comme en Grèce.
C’était particulièrement pendant la période islamique que la philosophie a fleuri en Perse. La première grande figure d'école philosophique, Al-kindi, était arabe. D'autres penseurs célèbres étaient persans, comme Al-Farabi et Avicenne. 
Avicenne (ou Ibn-e Sina) était philosophe-scientifique, le plus grand de la Perse et aussi du monde islamique. Al-Ghazzali, le théologien le plus célèbre et un des principaux penseurs religieux de l'Islam, était  persan ; il était comme  Abû Hanifah, le fondateur de l'école dominante des sunnites en Islam. Sohrawardi et Sadr od-Din Chirâzi étaient les plus grands philosophes. La Perse a dû devenir un centre de la philosophie Islamique.
 

Science

Dans la période pré-islamique, l'intérêt pour les sciences était répandu en Perse, particulièrement pendant la période Sassanide. Les persans avaient un système de médecine propre et ont aussi emprunté librement aux Indiens et aux Grecs. Dans l'astronomie et les mathématiques, les Persans pré-islamiques ont été montrés beaucoup d'intérêt pour les calculs relatifs au calendrier. La période Islamique a vu la traduction des trésors de sciences anciennes en arabe. D'autres champs de sciences dans lesquelles la Perse a produit des figures importantes furent les mathématiques et l'astronomie. Al-Khârazmi, dont le livre des nombres a été discuté, a en fait donné son nom à la science des nombres appelés « les algorithmes ». Le traité le plus grand sur l'algèbre était de Khayyâm, le célèbre poète persan.
En astronomie, les Persans ont apporté des contributions majeures par des hommes tels que Al-Biruni, le grand scientifique de son époque et Nasir od-Din al-Tusi, le directeur du célèbre observatoire de marâqeh. Les savants musulmans ont fondé de nouveaux observatoires, fait nouveau calcul et corrigé certains éléments dans l'astronomie de Ptolémée.
 

Hafez
(Khâje Chams-ed-Din Mohammed), Considéré unanimement par les Persans comme leur plus grand poète, Hafez naquit à Chiraz aux environs de 1324 et passa pratiquement toute sa vie dans sa ville natale. Le nom même de Hafez, nom honorifique qui signifiait à l'origine «Celui qui connaît le Coran par cœur», lui avait été donné en raison de sa connaissance parfaite du Coran et des textes de la Tradition. Celle-ci devait lui servir surtout lorsque, affilié à la secte mystique des soufis, il devint professeur de théologie coranique. Poète, Hafez cultiva le ghazal, forme poétique consacrée à l'amour mystique et profane. Quand ses poésies l'eurent rendu célèbre dans tout l'Orient, plusieurs princes cherchèrent à l'attirer à leur cour mais il refusa de quitter Chiraz et s'attacha sa vie durant à la personne de plusieurs souverains de sa ville natale. Son œuvre, rassemblée en un «divan» (recueil de poèmes), fait encore de nos jours l'objet d'une véritable dévotion religieuse; elle sert notamment à des fins divinatoires. Surnommée par les mystiques «langage de l'invisible», sa poésie, imagée et musicale, tout en reprenant les thèmes traditionnels chers aux poètes de son pays tels que le vin et l'amour, garde une richesse de significations qui autorise toutes les interprétations. La valeur de l'œuvre provient ici précisément du caractère indéfinissable, et donc pratiquement inimitable, de son charme, ainsi que de la grâce d'un style sans défaut. Goethe s'est inspiré de Hafez dans son Divan occidental-oriental.
 

Ferdowsi
(Abu al-Qâsim Mansur ibn Hasan), le premier et le plus illustre des poètes persans, naquit vers 940 près de Tus. On lui doit une forme de poésie épique basée sur le ruba’i (quatrain). Son oeuvre majeure – elle lui demanda 25 ans de travail – est sans conteste le Shâh-Nâme (Livre des rois), qui raconte en 50,000 couplets l’histoire de la Perse, des origines à la conquête arabe. Désapprouvé par le sultan qaznavide Mahmud auquel il l’avait dédié, Ferdowsi dut quitter la cour. Parmi les griefs avancés, certains étaient d’ordre religieux, le sultan étant sunnite et le poète, chiite. Ferdowsi est considéré aujourd’hui comme le sauveur du farsi, à une époque où la culture s’arabisait. Sans lui, de nombreux détails de l’histoire et de la civilisation persane auraient été perdus à jamais. Il contribua aussi à forger l’identité iranienne.
 

Omar Khayyâm
(Omar Khayyâm), qui vit le jour à Neichâbur (Nichapur), est probablement le poète persan le plus célèbre en Occident grâce à la traduction anglaise, dès le XIXe siècle, de ses Rubâïât (Quatrains). Les Iraniens le considèrent plutôt comme un mathématicien, un historien et un astronome, car il étudia notamment le calendrier grégorien et l’algèbre – ce disciple d’Avicenne rédigea un traité d’algèbre et entreprit la réforme du calendrier persan à la demande du sultan seldjoukide Malik Chah. Le poète et traducteur anglais Edwards Fitzgerald fut le premier à révéler à l’Occident l’œuvre poétique de Khayyâm, grâce à la traduction qu’il fit, en 1859, d’une centaine de ces quatrains.
 

Jalâl al-Din Rumi
(Molânâ Jalâl al-Din Rumi),poète mystique persan. Il naquit à Balkh dans l'actuel Afghanistan, mais n'y resta pas longtemps car, devant l'invasion mongole, sa famille émigra en Perse et s'installa finalement dans ce qui est aujourd'hui la Turquie occidentale. Très tôt, il fut imprégné par le soufisme, mysticisme islamique, dont l'influence transparaît clairement dans sa poésie lyrique didactique. En 1244, Rumi rencontra Chams-al-Din de Tabriz, un vieux derviche qui devint son guide spirituel et lui inspira un amour sans bornes. Lorsque ce dernier disparut mystérieusement en 1247, Rumi composa quelque trente mille vers dans lesquels il exprimait sa douleur. C'est une autre amitié spirituelle qui lui inspira le poème épique Masnawi (Masnawi-é Ma'nawi), une œuvre essentielle, dont l'influence sur la littérature et la pensée islamique fut immense. Après la mort de Rumi, ses disciples fondèrent la confrérie soufie des Mawlawis ou Mevlevis.
 

Avicenne
(Abu Ali al Hossein Ibn Abdallâh Ibn Sina), célèbre philosophe et médecin Perse, né en 980 à Afchânâ, prés de Bokhârâ, mort à Hamedân en 1037. A dix ans, il connaissait le Coran et le droit musulman ; bientôt, il s'initia seul aux mathématiques, à la physique, à la médecine et à la philosophie. A dix sept ans, il guérit d'une grave maladie le prince de Bokhârâ, qui lui ouvrit l'accès de sa vaste bibliothèque. Après la chute des Sassanides et la mort de son père, il voyagea dans le Khârezm et le Khorasan ; à Djozdjân, il acquit un puissant protecteur, Abu Mohammed Chirâzi, qui lui fit don d'une maison pour ouvrir des cours publics : c'est dans cette ville qu'il commença son fameux Canon. Il fut ensuite le protégé du souverain de Hamedân, qui le nomma vizir. Victime d'intrigues politiques, il fut emprisonné ; mais il parvint à s'enfuir auprès du prince d'Isfahân. Il mourut d'une maladie d'estomac, contractée à la suite d'excès de travail.

Œuvres médicales :
Un des plus grands philosophes musulmans, Avicenne est une figure importante de la médecine et de la philosophie. Son ouvrage, le Canon de la médecine, longtemps manuel de référence au Moyen-Orient et en Europe, constitue un classement systématique et un résumé de la connaissance médicale et pharmaceutique de son temps et des époques antérieures. La première traduction latine de cet ouvrage date du XIIe siècle ; une version hébraïque a paru en 1491, et une version arabe — deuxième texte seulement à avoir été imprimé en arabe — en 1593.

Œuvres philosophiques :
Le plus célèbre ouvrage philosophique d'Avicenne est Al-Chifâ («la Guérison »), série de traités sur la logique d'Aristote, la métaphysique, la psychologie, les sciences naturelles et sur d'autres sujets. La philosophie d'Avicenne repose sur une synthèse de la philosophie d'Aristote et du néoplatonisme. À l'instar de la plupart des philosophes médiévaux, Avicenne nie l'immortalité de l’âme individuelle, l'intérêt de Dieu pour les détails, et la création du monde dans le temps, trois points capitaux de la pensée arabe dominante. L'hostilité que suscitent ses vues a valu à Avicenne d'être la cible principale de la campagne menée contre une telle philosophie par le courant dominant des théologiens sunnites comme al-Ghazâli. Néanmoins, la philosophie d'Avicenne est demeurée influente tout au long du Moyen Age.
 

Entrez ici - Sommaire GénéralSommaire